Le Dernier Souffle - Intro-

Le Dernier Souffle - Intro-



Une grande fille, avec de magnifiques yeux bleus-verts, une chevelure rousse et soyeuse et de petites taches de rousseurs presque transparentes sur ses pommettes. Cette fille qui porte le tee-shirt Sex Pistols que lui avait offert sa meilleure amie et le jeans bleu délavé Levis qui appartenait à cette dernière, cette fille qui est assise parterre sur le trottoir d'un des grands boulevards de Casablanca n'est autre qu'Amélie Craig Mccoy, Melly ou Mell' pour les intimes, cette fille qui est là depuis bientôt trois heures et qui depuis ces trois longues heures écoute la même chanson : « I will Be right Here waiting for You – Bryan Adams. » Elle a le regard vide et l'estomac noué. Les passants se bousculent près d'elle et la regarde étrangement mais elle ne s'en préoccupe pas. Son esprit ne fait qu'une chose : analyser les paroles de la chanson qu'elle écoute, encore et encore : « Où que tu sois, Quoi que tu fasses, Je t'attendrai juste ici. » Pour elle, ces paroles ne sont plus ce qu'elles étaient il y a encore une semaine, elles ont perdus la magie qu'elles exerçaient sur elle, elles ont perdus tout leur sens. Cette fille c'est moi, Amélie Craig Mccoy, sauf qu'il n'y a plus de Mccoy. Abigaël Mccoy, Abby Mccoy. Sans elle cette chanson n'a plus de sens pour moi. C'est avec elle que je l'écoutais à longueur de temps, c'est sur cette chanson que nous avons dansé en robe d'été au beau milieu de la côte casablancaise alors qu'il pleuvait des cordes. C'est sur cette chanson que nous nous sommes promis de toujours être là l'une pour l'autre.

# Posté le dimanche 11 octobre 2009 11:58

#1

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FlashBack :


Jeudi 13 Mars

18h40.

« L'idéal de l'amitié c'est de se sentir un et de rester deux. » Anne Sophie Swetchine

Il pleut, il pleut. Elles ont toutes les deux froid mais ne semblent pas s'en préoccuper. Elles sont là, un sourire accroché aux lèvres, elles portent des petites robes d'été et dansent joyeusement ; « Mais à la fin je suis avec toi. ». Et la chanson prend fin peut à peut, les deux jeunes filles sont a bout de souffle, elles criaient, hurlaient les paroles de leur chanson. Elles sautent la petite barrière qui les sépare du bord de mer, elles s'affalent sur le sable mouillé et se mettent à rire. Abby s'assoie et plonge son regard dans l'immensité du ciel grisâtre, une larme se cristallise sur le coin de son ½il :


« _ Il ne me reste que trois mois. Je ne veux rien regretter, je ne veux rien rater.
Mell' s'assoit à son tour et se met à regarder le ciel à son tour, on aurait dit qu'elle essayait de comprendre sans oser demander d'explication. Elle respira un grand coup et articula difficilement :
_ De quoi tu parles Abby, Je ne comprends pas.
_ Pff ... Tu ne crois tout de même pas que nos parents auraient si facilement accepté qu'on vienne passer six mois au Maroc, alors qu'eux resteraient à San Francisco ?
_ Bah si, vu qu'on est là aujourd'hui.
_ Ecoute, s'ils sont accepter c'est parce que je leur ai annoncé quelque chose deux mois avant notre départ...
_ Abby, qu'est ce que tu leur as dit ? Tu me fais vraiment peur.
_ Tu as remarqué que ces derniers temps, j'étais souvent malade, non ?
_ Oui oui, de la fièvre par-ci, des vomissements par-là, sans parler de tes fameuses douleurs abdominales. Enfin bon comme tu dis, rien de grave.
_ Ouais enfin bon, il faut croire que je t'ai menti...
_ C'est-à-dire ? Tu faisais la comédie ?
_ Non, pas du tout, loin de là ... Enfaite c'est bien plus grave que tu ne le crois... J'ai un cancer, un cancer du foie...
_ Bon sang, tu rigoles j'espère !
_ J'aimerais bien, en même temps, il ne me reste que quelques semaines pour le faire, voir quelques jours. Le cancer est à stade vraiment avancé ... »


Machinalement, Mell' prit Abby dans ses bras et elles se mirent à pleurer. Mell' se leva soudainement et se mit à courir en direction de la mer entrainant avec elle Abby qui avait du mal à la suivre. Elles stoppèrent net dès que leur pieds touchèrent l'eau – entre temps, elles avaient ôté leurs chaussures -, elles s'assirent près de l'eau. Abby pris son I-pod, chercha la chanson « The Great Escape – Boys Like Girls » et appuya sur le bouton « PLAY », elle donna un écouteur à Mell`, elles se regardèrent et se mirent à rire. Aucune d'entre elles ne savaient pourquoi, mais ce qu'elles savaient, c'est que cela leur procurer le plus grand bien. Elles se levèrent, prirent leurs chaussures et appelèrent un taxi pour rentrer dans le studio qu'elles avaient loué.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 12:06

#2

#2
Samedi 15 Mars.

10h56.

« Aimer ce n'est pas renoncer à sa liberté, c'est lui donner un sens. »
Marc Levy.

Dans l'appartement, il fait encore sombre, tous les rideaux son tirés. Mell' et Abby ne sont toujours pas réveillées ; elles ont passé une soirée très mouvementée la veille : Entre alcool, joints, baisers volés, musique et fous rires, elles ne savaient plus où donner de la tête. D'ailleurs c'est un bien étrange jeune homme qui les a raccompagnées le soir même.

« _ Mell' ! Réveille-toi il est treize heures passé !
_ A quoi ça peut bien servir une année sabbatique s'il on ne peut même pas faire la grasse matinée ?!
_ Mell' !
_ D'accord, D'accord. Je me lève.
_ Et ne t'éternise pas sous la douche.
_ Je vais essayer. J'ai bien dit ESSAYER. »

Pendant qu'Abby était sortit acheter de quoi manger dans le supermarché d'en face, Mell' prenait tranquillement sa douche jusqu'à ce qu'elle soit interrompu ; quelqu'un sonnait à la porte. Elle prit une serviette, la mit autour de sa taille et alla ouvrir. Dès qu'elle entrouvrit la porte, ses yeux se mirent à scintiller : un très séduisant jeune homme d'environ dix-huit ans lui sourit timidement. Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu et c'est pour cela qu'elle le fit rentrer dans son salon. Lorsqu'elle se rappela qu'elle était en serviette, elle s'excusa et s'habilla pour ensuite revenir au salon demander au jeune homme la raison de sa venue. Elle s'installa sur le canapé juste en face du sien, c'est alors que le jeune homme se mit à sourire à nouveau :

« _ Je suis certain que vous ne vous rappelez pas qui je suis.
_ Oui, vous avez raison, je suis désolée mais je ne vois pas.
_ C'est moi qui vous ai raccompagné hier soir après la fête, vous et votre amie aviez trop bu, donc ...
_ Euh ... Oh ... Oui je vois. Je, enfin nous sommes vraiment désolées : nous aurions dû prendre un taxi.
_ Non, non. Ca m'a fait plaisir de raccompagner deux jolies jeunes filles chez elles. Excusez-moi, je dois y aller. Vous pouvez me laisser votre numéro ?
_ Oui bien sûr. Mais s'il te plaît, on arrête le vouvoiement, j'ai l'impression d'avoir cinquante-deux ans.
_ Ouais, il vaut mieux qu'on arrête.
_ Mon numéro c'est le 05.66.98.42.32.
_ Ok. Merci, je t'appellerai.
_ Attends, tu t'appelles comment ?
_Sven.
_ Sympa. Moi c'est Mell'.
_ Ok, Mell'. Passe le Bonjour à ton amie ...
_ Abby. Je lui passerai t'inquiètes pas. »

Sur ces mots, il ouvrit la porte, adressa un dernier sourire qui en disait long et s'en alla laissant Mell' toute excitée à l'idée de le revoir très bientôt.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 12:10

#3

#3
11h23.

« Toujours présente, jamais pesante. Telle devrait être la devise de toute amitié. »
Tahar Ben Jelloun.

Dès qu'Abby franchit le seuil de la porte, Mell` se jeta sur elle le c½ur battant, les pommettes rosâtres, les yeux scintillant. Abby afficha instantanément un sourire qui ne demandait que des explications pour se transformer en rire, Mell` déposa les courses dans la cuisine avant de la traîner dans le salon pour tout lui raconter. Une fois Abby mise au courant des faits, les deux jeunes filles s'emparèrent du téléphone portable de Mell` ; et c'est ainsi qu'Abby envoya un SMS au beau brun ténébreux qui disait :
« Coucou, c'est Mell` . J'aimerai qu'on se voie ce soir vers 20h. Que dirais-tu de passer me chercher chez moi ? Passe une bonne journée. Celle avec qui, je l'espère, tu vivras bon nombres de souvenirs inoubliables. A ce soir alors, peut-être. »
Une fois le message envoyé et la réponse affirmative reçue, les deux jeunes se regardèrent avec ce même regard complice, amicale, rieur ; et dans une situation pareille, un tel regard ne voulait dire qu'une seule chose : SHOPPING.


12h37.

« Quand on y songe, les grands magasins sont un peu comme des musées. » Andy Warhol

Le temps de s'être habillé, chaussé, maquillé et coiffé, les voilà enfin prêtes à prendre un taxi qui les mènera dans les grandes rues de Casablanca qui font envie à la plus part des jeunes filles, ces rues ou les magasins s'enchaînent et semblent vous inviter gracieusement à entrer user de vos talents d'auto-styliste et à utiliser la totalité de votre cher compte en banque grâce à cette invention, si subtile et dangereuse à la fois, que l'on nomme carte bancaire. Bien entendu, ce n'est pas vraiment comparable aux magasins de San Francisco et de N.Y, mais un shopping ne se doit pas d'être critiqué par d'exemplaires jeunes filles telles qu'Amélie et Abigaël. Ces deux expertes du monde fou de la mode, qui passe au peigne fin tous les magasins, sont incomparablement irréprochables quand il s'agit de leur tenue vestimentaire. Pour elle, la mode ne se réduit pas à la suivre, mais plutôt à l'innover, à la créer, à la lancer. Enfin, passons ; après plusieurs heures, Mell` a enfin trouver la tenue idéale : Robe d'été beige à épaules nues, escarpins à talon marron cirés et un petit foulard chocolat qu'elle portera autour du cou et qui fera ressortir ses beaux yeux verts.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 12:14

#4

#4
16h01.

« Attendre est encore une occupation. C'est ne rien attendre qui est terrible. » Cesare Pavese.

De nouveau chez elles, Abby prend les choses en mains, il est temps de s'attaquer à la coiffure et au maquillage. Pour la soyeuse chevelure rousse de Mell`, une raie au milieu et les racines frisées. Par la suite, Abby a applique un blush rose pâle sur les pommettes, un fard à paupières doré et opte pour un rouge à lèvre légèrement rosé. Et voilà Mell`enfin prête à faire chavirer le c½ur de John. Mell`et Abby n'ont plus beaucoup de temps ; Il ne leur reste plus qu'à préparer un petit encas qu'elles serviront au jeune homme. Elles préparent donc des canapés au saumon, verse du jus, et dépose des cigares au chocolat sur de petites assiettes, le tout sera ensuite servi dans le salon à l'arrivée du bel homme.

19h56.

« La réalité est la cause principale du stress - pour ceux qui la vivent. » Jane Wagner.

On frappe à la porte, Mell` se précipita afin de l'ouvrir pour ensuite inviter Sven à prendre place dans le salon. Abby sert ce qui a été préparé, salue le jeune homme et s'éclipse discrètement. Sven et Mell` semblent gênés :

« _ Belle Robe, j'aime beaucoup. Tu es rayonnante.
_ Merci. A ton avis Abby nous espionne ?
_ J'en suis certain. Bon on y va ? Il ne faut pas qu'on soit en retard.
_ Pourquoi, on va où ?
_ J'ai réservé une table au restaurant Tosacana.
_ Classe. Mais tu n'étais pas obligé, un McChiken aurait suffit.
_ Je sais mais j'aime montrer aux personnes que j'apprécie, qu'elles comptent à mes yeux.
_ Alors là ... On se croirait dans un film hollywoodien.
_ Si tu veux je peux annuler ...
_ J'ai jamais dis que je n'aimais pas ça.
_ Alors on y va ! »

20h18.

« La gastronomie est l'art d'utiliser la nourriture pour créer le bonheur. »
Theodore Zeldin.

Mell`.
Le serveur avait pris nos commandes et nous avaient demandé de bien vouloir patienter car nos plats devrait plusieurs dizaines de minutes à cuire. Toute personne saine d'esprit en aurait été ravie et aurait profité de l'occasion pour faire connaissance, mais pas moi. Je n'ai rien de ces personnes ; en tant normal, je n'aurais pas arrêté une seule seconde de sortir des blagues incroyablement drôles mais ce soir, je me sentais différente, je sentais dans ma poitrine mon c½ur battre comme jamais. J'essayais de détourner le regard de Sven, dès que je voulais quelque chose, ma lèvre inférieure se mettait à trembler. Diagnostic : J'étais éperdument amoureuse de Sven, qui se tenait devant moi, et qui de temps à autre me jetai quelques regards discrets n'osant pas engager la conversation. Sentant que cette tension se faisait vraiment pesante, je dis :

« _ Sven, je veux partir ...
_ Quel idiot je fais ! Je te raccompagne chez toi, viens.
_Non, Je ne veux pas rentrer chez moi.
_ Eh bien ... ?
_ Viens, c'est moi qui conduis. »

Nous sortîmes du restaurant et prîmes place dans la voiture. Sven avait l'air perdu, il ignorai que je m'apprêtai à l'emmener hors de Casablanca admirer la mer en se laissant bercer par la brise marine tout en observant les étoiles qui scintillaient ce soir là.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 12:18

#5

#5
21h05.

« Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence. »
William Shakespeare.

Arrivés, je le pris par la main et l'entraînai sur la plage. Nous nous assîmes sur le sable et restâmes silencieux. Je sentais mon c½ur battre dans ma poitrine, je n'avais jamais ressentis ça avant. J'avais juste envie d'éclater de rire aux éclats et de fondre en larmes juste après, je voulais plonger mon regard dans le sien et me noyer dans l'intensité de ses iris. Ma longue chevelure dansait au rythme du vent. Il passa son bras autour de ma taille, me tînt délicatement le menton et me regarda intensément et dit en levant les yeux pour admirer les étoiles :

« _Mell`, je sais qu'on ne se connaît pas trop mais je préfère ...
_ ... Que le temps fasse en sorte que ça s'accomplisse, je préfère aussi.
_ Regarde les étoiles, elles sont magnifiques.
_ C'est vrai. Dis Sven, si tu devais faire un v½u là tout de suite, tu souhaiterais quoi ?
_Je ne sais pas vraiment, mais je crois que ce serait de pouvoir être heureux pour le restant de ma vie et partager ce bonheur avec les personnes que j'aime ; et toi ?
_Il y a quelques jours, j'aurai voulu pouvoir profiter pleinement de la vie sans me soucier de rien, juste vivre... Mais aujourd'hui ce que je souhaite le plus c'est qu'Abby guérisse...
_ Guérisse ?
_Elle a le cancer ... Il lui reste quelques semaines, un ou deux mois d'après le médecin.
_Euh ... Je suis désolé. Je sais que tu tiens beaucoup à elle, ça se voit. Je suis vraiment désolé, viens là. »

Il me serra dans ses bras et se mit à chanter. Puis soudainement il me regarda d'un regard tendre et charmeur et approcha délicatement ses lèvres des miennes. Et là, je ne sais pas ce qu'il s'était passé, tout avait disparu autour de moi : le vent, la brise, le sable, je ne sentais plus que sa présence ; à cet instant nous étions le centre du monde J'aurais voulu que ça dure éternellement. Tout se passa si vite, il éloigna ses lèvres et souri, je ne pus empêcher une petite larme de couler le long de ma pommette pour aller se nicher sur le coin de ma joue et y ruisseler au claire de lune.

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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 12:21